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Plantes médicinales au quotidien : bien les préparer et les utiliser sans risque

9 min de lecture

Infusion, décoction ou macération, quantités, durée, grossesse et interactions avec les médicaments. Les repères officiels pour utiliser les plantes médicinales au quotidien.

Plantes médicinales au quotidien : bien les préparer et les utiliser sans risque
Plantes médicinales au quotidien : bien les préparer et les utiliser sans risque Prévention Médicale

Une tasse de tilleul le soir, un peu de menthe après le repas, une racine qu’on laisse frémir dans une casserole. Les plantes médicinales font partie de bien des routines. Pour les utiliser avec méthode, un guide des plantes médicinales comme Herba-Mor rassemble, fiche par fiche, les modes de préparation, les durées d’utilisation et les précautions à connaître.

Car une plante n’est pas un produit anodin. La façon de la préparer change ce que l’on boit. La durée compte. Et certaines plantes ne font pas bon ménage avec un traitement en cours.

Voici les repères officiels pour s’y retrouver : ce que recouvre le mot « médicinale », la bonne méthode de préparation, les quantités, les situations où il faut demander conseil et les bons endroits où acheter.

Ce qu’on appelle une plante médicinale

En France, la référence est la Pharmacopée, tenue par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Elle contient une liste des plantes médicinales, divisée en deux parties.

La liste A regroupe les plantes médicinales utilisées traditionnellement. La liste B rassemble celles dont les effets indésirables potentiels sont jugés supérieurs au bénéfice attendu. Les deux listes ont été mises à jour le 5 janvier 2026.

La vente de ces plantes est en principe réservée aux pharmaciens. Il existe une exception importante : depuis le décret du 22 août 2008, 148 plantes peuvent être vendues ailleurs qu’en pharmacie. On les appelle souvent les plantes « libérées ». Le texte précise pour chacune la partie utilisée et la forme autorisée : en l’état, en poudre ou en extrait sec aqueux.

Ce statut ne veut pas dire que la plante est sans effet. Il signifie simplement que son usage traditionnel est assez connu pour qu’on puisse l’acheter hors officine.

Infusion, décoction ou macération : la bonne méthode pour chaque partie de la plante

Une tisane n’est pas toujours une infusion. La Pharmacopée française décrit trois façons de préparer une plante dans l’eau. Le choix dépend surtout de la partie utilisée : une fleur fragile ne se traite pas comme une écorce.

fleurs de camomille séchées qui infusent dans une théière en céramique posée sur une table en bois
Les fleurs, comme celles de la camomille, se préparent en infusion. Photo : Engin Akyurt / Pexels

L’infusion convient à la plupart des feuilles et des fleurs. On verse l’eau bouillante sur la plante et on laisse en contact environ 10 à 15 minutes. C’est le mode indiqué pour la fleur de tilleul, la camomille romaine, la verveine odorante, la mélisse, la menthe poivrée ou le thym.

Les parties dures, comme les racines et les écorces, demandent plus de temps. La décoction consiste à maintenir la plante dans l’eau à ébullition pendant 15 à 30 minutes. La racine de réglisse, de gentiane ou de pissenlit se prépare ainsi. Le tilleul en est un bon exemple : sa fleur s’infuse, son écorce se prépare en décoction.

Repères
Trois façons de préparer une plante dans l’eau
1
Infusion
eau bouillante versée sur la plante, 10 à 15 minutes de contact. Pour la plupart des feuilles et des fleurs.
2
Décoction
plante maintenue dans l’eau à ébullition, 15 à 30 minutes. Pour la plupart des racines, rhizomes et écorces.
3
Macération
plante laissée dans une eau à environ 25 °C, pendant 30 minutes. Autre option pour certaines racines.
Source : Pharmacopée française, monographie « Tisanes », août 2013 (ANSM).

La macération se fait sans chauffer, dans une eau à environ 25 °C, pendant 30 minutes. Elle est prévue par exemple pour la racine de guimauve, qui peut aussi se préparer en décoction. Dans le doute, la fiche de la plante ou le conseil d’un pharmacien tranche.

Quelle quantité et combien de temps ?

Pour une tisane, la Pharmacopée donne un ordre de grandeur général : 250 à 500 ml par jour, préparés avec 5 à 10 grammes de plante par litre d’eau. Autrement dit, une à deux grandes tasses dans la journée. Ce repère vaut pour la tisane en général, pas pour chaque plante en particulier.

La durée compte autant que la quantité. Une plante utilisée pour un inconfort passager n’a pas vocation à être prise des mois sans pause. Les monographies de l’Agence européenne des médicaments (EMA) le rappellent régulièrement.

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La valériane en offre un exemple concret. L’EMA reconnaît son usage traditionnel pour soulager les symptômes légers de stress et aider à dormir. Mais elle précise aussi de ne pas l’utiliser avant 12 ans, ni pendant la grossesse ou l’allaitement. Et de consulter un médecin ou un pharmacien si les troubles persistent ou s’aggravent après deux semaines d’utilisation continue.

Repères chiffrés
Trois chiffres à garder en tête
148plantes
vendables hors pharmacie depuis le décret du 22 août 2008
250-500ml
de tisane par jour en général, pour 5 à 10 g de plante par litre
2semaines
d’usage continu de valériane avant de consulter si les troubles persistent
Sources : décret n° 2008-841 ; Pharmacopée française, « Tisanes » (2013) ; EMA, monographie de la racine de valériane.

Ce délai concerne la valériane, mais l’idée vaut pour toutes les plantes : si le trouble ne passe pas, ce n’est plus à la tisane de le régler, mais à un professionnel de santé de chercher la cause.

Les précautions qui comptent le plus

La grossesse et l’allaitement sont les premières situations où il faut demander conseil avant toute plante. Pour beaucoup d’entre elles, les données de sécurité manquent. C’est le cas de la valériane, que l’EMA déconseille pendant ces périodes.

Les interactions avec les médicaments sont le deuxième point de vigilance. L’exemple le plus connu est le millepertuis. Les notices des médicaments qui en contiennent, publiées dans la base de l’ANSM, indiquent qu’il peut diminuer l’efficacité des contraceptifs hormonaux, jusqu’à l’annuler. Il peut aussi faire baisser l’effet des anticoagulants de type antivitamine K.

Dans ce dernier cas, les notices recommandent de ne pas arrêter brutalement le millepertuis, mais de faire contrôler la coagulation avant et après l’arrêt. C’est exactement le genre de situation où l’on doit prévenir son médecin ou son pharmacien de tout ce que l’on prend, tisanes et compléments compris.

Le foie est le troisième point. En juin 2022, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a fait le point sur les compléments alimentaires au curcuma. Son dispositif de nutrivigilance avait reçu plus de 100 signalements d’effets indésirables, dont 15 cas d’hépatite. L’agence déconseille ces compléments en cas de maladie des voies biliaires. Elle signale aussi un risque d’interaction avec les anticoagulants, certains traitements contre le cancer et les immunosuppresseurs.

Le saviez-vous ?
Le diplôme d’herboriste a été supprimé en France le 11 septembre 1941. Une ordonnance du 1er septembre 1945 a permis aux herboristes déjà diplômés de continuer à exercer jusqu’à la fin de leur vie, mais le diplôme n’a jamais été recréé depuis.

La leçon de l’Anses dépasse le curcuma : un complément à base de plante ne se prend pas à la légère. Une forme concentrée, en gélule ou en extrait, n’a pas le même profil qu’une infusion légère de la même plante.

Où acheter ses plantes et comment s’y retrouver

Les 148 plantes libérées se trouvent en pharmacie, en herboristerie, en magasin bio ou en ligne. Pour toutes les autres plantes de la Pharmacopée, la pharmacie reste le circuit prévu par la loi. Dans tous les cas, mieux vaut savoir exactement quelle plante on achète, et quelle partie.

Ce dernier point est plus important qu’il n’y paraît. Une fleur, une feuille ou une racine ne se préparent pas de la même façon, comme on l’a vu avec l’infusion et la décoction. Le nom latin de la plante, souvent indiqué sur l’emballage, évite aussi de confondre deux espèces qui portent le même nom courant.

mains qui tiennent un bocal en verre rempli de plantes séchées au-dessus d'une table de préparation
Des plantes séchées en bocal : pensez à y noter le nom de la plante, la partie utilisée et la date d’achat. Photo : Yan Krukau / Pexels

À la maison, une étiquette simple suffit : le nom de la plante, la partie utilisée et la date d’achat. Et pour aller plus loin sur une plante précise, mieux vaut une fiche qui détaille la préparation, la durée et les contre-indications qu’un conseil glané au hasard.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une infusion et une décoction ?
Pour une infusion, on verse l’eau bouillante sur la plante et on laisse environ 10 à 15 minutes. Pour une décoction, on maintient la plante dans l’eau à ébullition pendant 15 à 30 minutes. L’infusion convient aux feuilles et aux fleurs, la décoction aux racines et aux écorces.
Combien de tisane peut-on boire par jour ?
La Pharmacopée française indique un repère général de 250 à 500 ml par jour, préparés avec 5 à 10 grammes de plante par litre. Ce repère ne remplace pas les indications propres à chaque plante.
Peut-on prendre des plantes pendant la grossesse ?
Pas sans avis médical. Pour beaucoup de plantes, les données de sécurité pendant la grossesse et l’allaitement manquent. L’Agence européenne des médicaments déconseille par exemple la valériane pendant ces périodes.
Le millepertuis est-il compatible avec la pilule ?
Pas sans précaution. Selon les notices publiées par l’ANSM, le millepertuis peut diminuer l’efficacité des contraceptifs hormonaux, voire l’annuler. Il faut en parler à son médecin ou à son pharmacien avant d’en prendre.

Bien utilisées, les plantes médicinales trouvent leur place dans une hygiène de vie quotidienne : la bonne partie de la plante, la bonne préparation, une durée limitée et un avis médical dès qu’un traitement ou une grossesse est en jeu. Les textes cités dans cet article sont listés ci-dessous.

Sources
Pharmacopée française, monographie « Tisanes », août 2013 (ANSM).
ANSM, Pharmacopée, listes A et B des plantes médicinales utilisées traditionnellement, mises à jour le 5 janvier 2026.
Décret n° 2008-841 du 22 août 2008 relatif à la vente au public des plantes médicinales inscrites à la Pharmacopée (Légifrance).
Agence européenne des médicaments (EMA), monographie de la racine de valériane, page mise à jour le 11 mars 2026.
Anses, effets indésirables liés aux compléments alimentaires contenant du curcuma, 27 juin 2022.
Notices de médicaments à base de millepertuis, base de données publique des médicaments (ANSM).
Sénat, proposition de loi n° 750 visant à créer un diplôme et organiser la profession d’herboriste, 12 juillet 2011.
Photo d’en-tête : Anna Pou / Pexels.

Clara Dumas

Rédactrice · Mouvement quotidien, récupération, prévention

Clara couvre le mouvement quotidien, la récupération et la prévention santé pour Anagraphe. Elle vérifie chaque information en croisant plusieurs sources avant publication.

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